Publié par : odelafaire | 20 juin 2011

Intervention auprès du Préfet des Yvelines en séance du 10 juin 2011

Sécurité routière : Olivier de La Faire s’interroge sur les mesures annoncées

Alors que de nouvelles mesures de lutte contre l’insécurité routière ont été annoncées par le Gouvernement, Olivier de La Faire a interrogé le Préfet des Yvelines, lors de la séance du 10 juin dernier, sur le bien fondé de ces nouvelles mesures. La question d’Olivier de La Faire et la réponse du Préfet des Yvelines, Michel Jau.

http://www.ensemblepourlesyvelines.fr/securite-routiere-olivier-de-la-faire-sinterroge-sur-les-mesures-annoncees/#more-6279

 

Monsieur le Préfet,

Le Ministre de l’Intérieur a récemment annoncé un certain nombre de mesures pour lutter contre l’insécurité routière, à la suite d’une progression du nombre de personnes tuées sur les routes début 2011.

Parmi ces mesures figure la suppression des panneaux avertisseurs de radars, proposition qui fait grincer des dents nombre d’automobilistes. S’il est peu probable que leur suppression permette une réduction de la vitesse sur les routes, elle augmentera le nombre des amendes, parfois pour des dépassements très faibles de la vitesse autorisée. Est également annoncée l’interdiction des avertisseurs sonores de radars et l’aggravation des sanctions en matière d’alcool au volant.

Au delà de la grogne des automobilistes, je m’interroge sur le bien fondé de ces mesures. Les panneaux avertisseurs avaient un effet préventif aux abords des zones dangereuses et dissuasif en s’insérant parfaitement dans une politique efficace de prévention routière qui a produit de bons résultats (entre 2002 et 2008, le nombre de personne tuées sur les routes a diminué de 44,3 %). Les avertisseurs sonores de radars jouent également un rôle important en matière de sécurité routière, en fournissant à l’automobiliste des informations l’incitant à respecter les vitesses. Or aujourd’hui, tout semble s’orienter vers une politique de répression routière, une politique du chiffre qui vise à faire de tout automobiliste un délinquant potentiel. De prévention en revanche, il n’est plus question.

De plus, l’interdiction pure et simple des avertisseurs sonores de radars vise à supprimer des technologies innovantes en pleine expansion et fait peser une menace sur les 2.000 employés des entreprises qui fabriquent ces matériels.

Enfin, dans la mesure où il s’agit réellement de sauver des vies, je me permets d’élargir le sujet par une suggestion.La Croix Rouge Françaiseconstate chaque année environ 50.000 décès dus à un accident cardiaque, seulement 2.000 s’en sortent. Une simple formation aux premiers secours permettrait de réagir dans les premières secondes souvent fatales. C’est entre 7 et 10.000 vies que nous pourrions sauver chaque année.

Il ne s’agit donc pas de baisser les bras en terme de sécurité routière mais par d’autres mesures simples, voire moins couteuses, de sauver encore plus de vies sans pour autant, pour quelques mauvais comportements, pénaliser notre économie. Car il ne faut pas se le cacher, ces mesures ont aussi un impact sur les secteurs des nouvelles technologies, de la restauration, du tourisme, de la production de vins et spiritueux qui sont nos fleurons français et contribuent largement à notre excédent commercial. Cependant, il me parait important de renforcer les mesures de prévention et motiver les changements de comportements à la conduite, comme à la consommation d’alcool ou de drogue

Je souhaiterais donc connaître les mesures envisagées pour mettre en œuvre des actions de prévention efficaces, et non pas seulement des actions de répression systématique, à destination de tous les usagers dela route. Jesouhaiterais également savoir s’il est envisagé de mener une réflexion plus vaste sur la possibilité de sauver encore plus de vies, voire aussi de construire des véhicules plus sûrs et plus intelligents, dotés par exemples de limitateurs de vitesse, d’aide à la conduite ou d’éthylotest.

Par ailleurs, des actions spécifiques sont-elles prévues à destinations des deux roues (motos et vélos), qui représentent 24 % des tués pour seulement 2 % du trafic et qui s’affranchissent trop fréquemment des règles imposées par le code de la route et qui sont malheureusement les premières victimes de l’insécurité routière ?

Réponse de Monsieur le Préfet des Yvelines

La sécurité routière constitue, bien entendu, une préoccupation que nous partageons tous. Les nombreux élus, experts de la sécurité routière, gestionnaires de voirie, représentants des usagers de la route présents lors de la réunion de concertation que j’ai organisée en préfecture le 27 mai dernier, conformément aux instructions données aux préfets par le ministre de l’Intérieur, ont été unanimes à exprimer l’attente d’une action résolue des pouvoirs publics en ce domaine.

Car nous le savons, malgré les progrès considérables réalisés par notre pays en moins d’une décennie (près de 8000 morts en 2002, moins de 4000 en 2010), l’évolution enregistrée en ce début d’année est préoccupante, avec une augmentation de 12,8 % du nombre de tués en France par rapport au premier quadrimestre de 2010.

Les Yvelines se distinguent de cette évolution, puisque le nombre de tués a diminué sur les cinq premiers mois dans le département de 32 % (17 contre 25) après une année 2010 il est vrai très difficile.

L’action des pouvoirs publics doit, comme vous le soulignez, être en ce domaine multiforme.

L’adaptation des véhicules et le développement des technologies d’aide à la conduite en constituent une piste importante et à explorer en étroite concertation avec les constructeurs.

La prévention est également un pilier essentiel de cette politique. Les orientations départementales sont déclinées dans le programme départemental d’action pour la sécurité routière (PDASR). A ce titre, 43 actions de prévention, pilotées par les services de sécurité, des collectivités territoriales ou des partenaires associatifs seront soutenues en 2011 dans le département.

Les jeunes en constituent un public prioritaire, avec une sensibilisation aux dangers de l’alcool et des stupéfiants notamment. La prévention auprès des conducteurs de deux-roues motorisés, dont vous soulignez très justement la forte sur-représentation parmi les tués (24% des tués pour 2% du trafic au niveau national, mais près de 35% des tués en 2010 dans les Yvelines, proportion hélas stable sur les premiers mois de 2011) doit constituer une priorité absolue dans les Yvelines.

La quinzaine nationale de prévention organisée à leur intention du 8 au 22 mai 2011 s’est traduite dans le département par de très nombreuses opérations de sensibilisation, et s’est clôturée au circuit Beltoise de Trappes, où j’ai notamment pu féliciter des motocyclistes récompensés pour leur conduite exemplaire. Ces actions de prévention seront poursuivies tout au long de l’année, avec le concours des services de police et de gendarmerie notamment.

Sur la suppression de toute signalisation des radars fixes ou mobiles, décidée par le gouvernement lors du conseil interministériel de sécurité routière du 11 mai dernier, les avis sont comme nous le savon partagé. Cette mesure constitue pourtant un facteur essentiel de responsabilisation des usagers, responsabilisation qui est au cœur de la politique nationale de sécurité routière. Cette mesure est à la fois :

  • cohérente, puisqu’il s’agit seulement de faire appliquer la loi et, en l’espèce, les limitations de vitesse, sur l’ensemble du territoire et pas seulement à proximité immédiate d’un radar ;
  • équilibrée, puisque cette mesure s’accompagnera d’une grande campagne d’harmonisation et de renforcement de la signalisation des limitations de vitesse sur l’ensemble du territoire, doublée notamment du déploiement de radars pédagogiques.

 
Les services départementaux de l’Etat prendront bien entendu toute leur part aux réflexions et concertations qui seront prochainement engagées en la matière.

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